Aujourd'hui,
 
 
 
 
::: Histroire de Majunga d'après le père Rémy L'HERMITE

LES PIRATES A BOMBETOKA ET A MAJUNGA

Si aux XIIème, XIIIème, XIVème et XVème siècles, la mer des Indes resta le domaine mystérieux des navigateurs malabars, persans et arabes, la découverte de la route des épices par VASCO DE GAMA en 1498 et du détroit de MAGELLAN (1520) allait l’ouvrir aux explorateurs, navigateurs, pirates, forbans, aventuriers de tout acabit et de toutes races. Il fallut attendre les années 1613-1614 pour que cela soit fait. La création de la Compagnie de l’Orient et de la Compagnie anglaise des Indes décupla la navigation.
Les comptoirs se multiplièrent sur les côtes... Les baies permettaient de radouber les navires. La nécessité du carénage, le renouvellement des approvisionnements intensi?aient les contacts avec les populations côtières. Plus tard, la traite des esclaves, plaie et honte de plusieurs siècles, attirait des centaines de navires dans les parages de l’île Dauphine. Les Nouvelles Terres ne pouvaient que se parer de couleurs d’eldorado aux yeux des aventuriers et amateurs pressés d’amasser des fortunes «per fas et nefas ». Portugais, Français, Anglais, Danois, Hollandais, Américains promenaient leurs couleurs de la mer des Indes au Paci?que quand ils ne le troquaient pas contre le pavillon noir des apatrides. L’Histoire est pleine de leurs exploits, abordages, pillages, vols, viols, razzias. GEMELLI, explorateur du XVIIème savait à quoi s’en tenir sur les dangers de la navigation à cette époque... «les voyages dans ces mers sont toujours très dangereux, à cause des malabars qui sont des pirates de différentes nations comme Maures, Gentils, juifs et chrétiens. Ils tombent sur tout ceux qu’ils rencontrent avec un grand nombre de barques, remplies de gens armés. Ils vivent sous différents monarques... Lorsque ces barbares prennent des passagers, dans la pensée qu’ils peuvent avoir avalé leur or, ils leur donnent un violent purgatif qui leur fait rendre tout de qu’ils ont dans le corps, cherchent ensuite dans les excréments pour y trouver le précieux métal. » (Histoire des Découvertes: Paris, 1726).
Si certains de ces écumeurs de mer coulèrent des heures douces sur les bords de la Betsiboka, comme BURGESS et PRO, d’autres, moins chanceux, achevèrent leur périple mouvementé au bout d’une corde soit à la Réunion, soit sur les bords de la Tamise. La baie de Bombetoka leur dut une partie de ses richesses, de sa renommée et de sa splendeur passée.
Leurs faits et gestes se confondent avec notre histoire; aussi on ne peut que rappeler le souvenir de certains de ces forbans, de ces aventuriers les plus célèbres... «rari nantes in gurgite vasto... » On sait que DIEGO DIAZ découvrit Madagascar, le Douari des Malabars, le 10 août 1500. Il mouilla dans une baie du Nord-Ouest. La ?èvre qui décimait ses équipages l’empêcha d’explorer la côte. Le capitaine PAULO RODRIGUEZ DA COSTA et les deux pères jésuites: PREDO FREIRE et LUIZ MARIANO débarquèrent le 16 avril 1613 dans la baie de Boeni et de là poussèrent leur exploration à l’intérieur. « ... Ils n’ont pas mouillé et remis à la voile moins de 400 fois! ... ». Aussi furent-ils les premiers après TRISTAN DA CUNHA à séjourner à Bombetoka. Ils signèrent avec le roi du pays, Tsimamo, un traité qui garantissait au Portugal le monopole du commerce dans tout le pays et le droit d’évangélisation. Après deux tentatives infructueuses d’évangélisation, les Portugais déçus dans leurs espérances, se tournèrent vers le pays des

l l Retour .:.
©Conception Maderi developpement - Tl
.:. Retour à l'accueil .:.   .:. Contact .:.   .:. Vos impressions .:.