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::: Histroire de Majunga d'après le père Rémy L'HERMITE

LES INDIENS ET LES CHINOIS

Les BOHRA :
Dès le XIIème et XIIIème siècle les indiens commerçaient déjà avec nos côtes. Les pirates malabars écumaient aussi la mer des Indes. Les premiers indiens qui s’installèrent dans la région semblent être des Bohra. De religion musulmane, ils se séparèrent des ismaéliens (ou ismaïliens) à propos de la succession du 6ème Iman: les uns tenaient pour la légitimité de Maulana Ismail et les autres pour Ishna Asharis. Vers 1700, un certain nombre de Bohra vint s’établir à Zanzibar et de là créèrent des comptoirs à Nosy-Be.
Vers 1730, les premiers Bohra vinrent s’installer à Majunga. Leur communauté prit de l’importance et détenait le commerce local. Le plus vieux cimetière de Majunga conserve les tombes de ces indiens. La mosquée qui se dressait à
l’intérieur fut détruite, sans doute, lors de l’incendie de la ville en 1825. Certaines tombes portent la date de 1769. A la prise de la ville, la grande majorité des Bohra s’enfuit vers le Nord et Zanzibar. En 1842, GUILLAIN ne trouva que 30 indiens. En 1869, la liberté du commerce en ramena quelques 160. Majunga a été et reste leur centre religieux dirigé par un « amil », musulmans de stricte observance, ils s’interdisent l’alcool, le tabac et le jeu.

Les HINDOUS:
En 1895, le premier hindou, Chandarana Odhavjee Bimjee, débarqua à Majunga. Il dut verser une caution de 25 francs, soit le prix de 20 bœufs à l’époque. Il ?t appel à des compatriotes qui arrivèrent en nombre puisqu’en 1896, on compte déjà 646 indiens en ville dont 376 commerçants. La distinction des castes est absolue. Les hindous, qui vénèrent Krishna, Siva et les Matajees, qui croient en Vishnou et en l’Etre Eternel Brahma, se divisent en cinq groupes principaux :
. Les LOUHANA, la plupart commerçants,
. Les V ANIAN ou SHAH, également dans le négoce,
. Les SONIS, bijoutiers avec trois castes différentes,
. Les DARJI, tailleurs,
. Les BRAHMAN qui remplissent les fonctions sacerdotales,
Les DARBAR sont des descendants de famille royale. De cette caste, il n’y a qu’une seule famille. Vers 1901 et 1902, de nombreuses familles indiennes essaiment vers la brousse.Le recensement de Majunga donne à cette époque: Betsileho : 412, Merina : 97, Makoa : 497, Anjouannais :
266, Antalaotra : 63, Somalis : 55, Moharais: 108, Sakalava : 498. A la fin du XXème siècle, les arabes se font de plus en plus rares. En 1894, on n’en comptait plus que onze. Ils ne pouvaient plus se livrer à leur commerce d’esclaves et allaient chercher fortune du côté de Zanzibar ou de la mer Rouge. Par contre, ce fut l’ invasion comorienne qui s’amorça. En 1874, ils étaient quelques 1 460 éparpillés sur la côte.
A partir de 1902, c’est un afflux continuel.

Le décret Galiéni, en supprimant l’esclavage, libéra des milliers d’africains ou makoa. On en dénombrait plus de 3000 dans la région. Sur les bords de l’Anjobona, on trouve encore des villages peuplés uniquement de leurs descendants.
En 1889, on ne trouvait que douze français métropolitains. En 1897, 313 s’étaient déjà installés avec 452 créoles.

Les CHINOIS:

En 1862, le premier chinois qui débarqua dans l’île, s’installe à Tamatave.
En 1896, un contingent de 500 chinois vint travailler pour le compte du gouvernement.
En 1901, 1 000 autres sont amenés pour travailler au chemin de fer. La grande majorité resta sur
la côte Est.
En 1904, on ne trouvait que 14 chinois faisant du commerce à Majunga.
Les japonais étaient au nombre de 6. On pourrait encore s’étendre longuement sur la passé de Majunga, son développement progressif. L’Histoire se déroule et ne s’écrit guère qu’avec le recul du temps. Un proverbe malgache nous dit: « Vatolampy nanasan-dandy, ny lavenona lasan-drano ary ny landy nentin’’ny tompony fa ny vato no tratra ao » ... On a lavé les vêtements sur une grosse pierre, les saletés sont parties au ?l de l’eau, le vêtement s’en retourne avec son propriétaire mais la pierre est toujours là ! Cette pierre, c’est la vieille cité des forbans devenue la capitale de l’Ouest, dressée plus belle que jamais dans un élan de conquête vers le Grand large.

Majunga-la-Belle! Souhaitons-lui de rester le havre accueillant après la tempête, où sous le soleil éclatant, on saura toujours goûter la joie de vivre.

On pourrait encore s’étendre longuement sur la passé de Majunga, son développement
progressif. L’Histoire se déroule et ne s’écrit guère qu’avec le recul du temps.
Un proverbe malgache nous dit :
« Vatolampy nanasan-dandy, ny lavenona lasan-drano ary ny landy nentin’’ny tompony
fa ny vato no tratra ao » ...
On a lavé les vêtements sur une grosse pierre, les saletés sont parties au ?l de l’eau, le
vêtement s’en retourne avec son propriétaire mais la pierre est toujours là !
Cette pierre, c’est la vieille cité des forbans devenue la capitale de l’Ouest,
dressée plus belle que jamais dans un élan de conquête vers la Grand large.
Majunga-la-Belle !
Souhaitons-lui de rester le havre accueillant après la tempête, où sous le soleil éclatant,
on saura toujours goûter la joie de vivre.

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