Aujourd'hui,
 
 
 
 
::: Histroire de Majunga d'après le père Rémy L'HERMITE

LES HOLLANDAIS

Les hollandais furent parmi les premiers européens à paraître dans les parages. Certains y ?rent naufrage, d’autres vinrent s’y ravitailler ou se débarrasser de leur cargaison de malades et de morts. Le premier qu’on voit jeter l’ancre dans la baie est le « Voorhout », lancé à la recherche d’un chef de traite, Nieuhoff, kidnappé dans la baie d’Ampasindava. Si on ne découvrit pas le tra?quant, par contre on compléta la cargaison de chair humaine en embarquant 154 hommes et femmes (1595).
Le roi Andriamandefangangitsa, tout comme le chef puissant de Fort-Dauphin se faisait le pourvoyeur inlassable des négriers. En 1707, le « Ter AA » prend livraison de 1 06 esclaves, à son retour de l’île Maurice où il en a déjà
embarqué plusieurs centaines. Les armateurs hollandais choisirent tout spécialement le noeni comme lieu de chasse. Le 21 novembre 1707. le « Leidsman » y embarquait encore deux cents esclaves. D’autres hollandais connurent aussi la baie de Bombetoka mais leur séjour forcé ne leur laissa guère que de sombres souvenirs.

C’est ici, en effet, que le pirate TAYLOR et le fameux OLIVIER LEV ASSEUR (dit LA BUSE) amenèrent tout le personnel d’un comptoir hollandais d’Afrique, de Delegoa, sur le « Cassandra ». JACQUES DE BUCQUOY qui faisait partie de la prise, nous a laissé le récit de leur odyssée. Après trois jours de ripailles et d’ orgies, les pirates remirent à la voile, abandonnant les prisonniers à leur triste sort. Quatorze moururent de privations en trois mois. Chaque soir les indigènes cherchaient à les surprendre et à les assassiner. Le retour imprévu des pirates, après le naufrage du « Cassandra », vint encore augmenter le désarroi de la colonie. Les prisonniers furent contraints, sous la menace des revolvers, de prendre le large sur un boutre de leur fabrication. Vingt-deux jours après, ils atteignirent les côtes d’Afrique où ils purent narrer les charmes de leur exil chez les pirates de Bombetoka. La prise du Boeni priva les hollandais de l’appui des antalaotra. Leurs transactions durent se limiter au comptoir de Bombetoka. En 1741, le capitaine JACOB VAN DER SPILL sollicita du roi installé à Marovoay l’autorisation de créer une factorie. Sa visite au roi nous a valu la description de la cour du roi Andrianahevenarivo : « Marovoay comptait plusieurs milliers d’habitants et constituait la ville la plus importante de l’île.

Le roi habite une demeure grande et belle pour l’époque où étaient réunis tous ses trésors. Parmi les premiers ?gurait un trône, laqué et doré, offert par des Français, une couronne d’or, des vases et assiettes en porcelaine du Japon, une énorme chaîne et des bracelets en or. Lors d’une réception, le roi était vêtu de riches étoffes d’or et d’argent ».
Le séjour de VAN DER SPILL fur marqué par la révolte des esclaves qui coûta la vie à beaucoup d’entre eux. Le soulèvement réprimé, le capitaine apprit que les matelots projetaient de déserter. La tentative avorta car le « Brack » partit précipitamment sur le Cap. La vie du bord, avec des équipage interlopes, transformaient souvent ces négriers en bagnes ?ottants... En 1765, sur un autre brick hollandais éclata une révolte. Cent quarante-deux esclaves étaient
entassés dans les cales. En cour de route, on leur enleva leurs fers pour leur permettre de polir des lances. Les
prisonniers s’en servirent contre leurs geôliers et en tuèrent vingt-quatre.
Les vingt-neuf survivants eurent le dessus et le brick ?nit par atteindre l’Afrique du Sud.

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