LA
CHASSE AUX PIRATES
L’audace des pirates ?nit par inquiéter
les gouvernements d’Amérique et d’Europe.
Les compagnies accusaient des pertes énormes
en hommes et en argent. En 1699, une première
escadre anglaise composée des navires «Anglesan
Hastings» et « Lizard » patrouilla
dans les eaux de la Betsiboka. Une deuxième,
en 1722, réapparut mais les pirates se
terraient dans des criques. Ennemis mortels quand il
s’agissait de la poursuite des galions et du partage
des cargaisons, les pirates s’entendaient comme
larrons en foire quand il s’agissait de se protéger
des escadres. Ils se fau?laient dans les rivières,
se camou?aient dans des criques introuvables. Leurs
bateaux à faibles tirant d’eau leur permettaient
de se glisser dans les estuaires de la Betsiboka, de
la Loza ou de la Mahajamba où les galiotes et
les bricks de Leur Majesté ne pouvaient s’aventurer.
La traite fut la grande source de revenus de certains
rois et roitelets sakalava. La population côtière
était décimée et les survivants
cherchèrent refuge dans l’intérieur
du pays. Pratiquement, malgré les interdits,
les lois, les menaces, le tra?c humain se prolongea
jusqu’à la ?n du XIXème siècle
(il continue dans la mer Rouge et en Mauritanie).
Le 23 octobre 1817, Radama avait bien conclu un traité
avec FARQUHAR, gouverneur de l’île Maurice,
supprimant la traite des esclaves mais les sakalava
gardaient leur indépendance et la côte,
même soumise en principe, était impossible
à surveiller. Les négriers arabes parquaient
des milliers d’Africains dans leur repaire de
Zanzibar et venaient les vendre à la côte.
Camou?és dans des grottes, ils étaient
acheminés de nuit sur Maurice, Bourbon ou les
Indes. Ce tra?c barbares jette de sinistres lueurs sur
les derniers évènements de Zanzibar et
d’Amérique.
En 1820, on comptait à Maurice quelques 15000
malgaches et à Bourbon encore plus. On peut estimer
à plus de 200 000 les hommes, femmes et enfants
qui furent victimes de ce tra?c inhumain (12). En 1859,
la traite était camou?ée sous l’euphémisme
de« engagés volontaires ». Le commerce
restait aussi sordide même s’il respectait
certaines formes. Un engagé s’obtenait
sur place, aux dires du Père JOUEN, 20 à
30 piastres. Rendu à la Réunion, il en
valait 200.
Le Père JOUEN relate que le commerce était
encore actif en 1866-1867 et même en 1880.
Les derniers négriers de cette époque
sont morts tranquillement à Majunga en 1948 et
1949.
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