MAJUNGA A SON APOGEE
Sous le règne de Ravahiny (1778-1808) Majunga
devint le plus grand centre commercial de toute la côte
Ouest. Les antalaotra se soumettaient aux lois en vigueur
et payaient régulièrement le tribut. Ainsi,
ils jouissaient de la liberté de tra?quer avec
l’Afrique, les Indes, l’Amérique
et l’Europe. Des bateaux débarquaient régulièrement
des tissus, de la quincallerie, du rhum, de la bière,
des armes et des parfums. En 1810, DUMAINE notait que
la ville « renfermait plus de 6 000 arubes et
Indiens. Il y a des mosquées à l’
usage des différentes sectes, des maisons d’éducations
des gens de tous métiers et des ateliers de tous
genres. On y construit beaucoup de doubles chaloupes
et des pirogues de 150 tonneaux et au-dessus…..».
Les malgaches échangent de l’argent ciselé,
des piastres, de l’écaille, du santal...
Les arabes servent de transitaires entre la côte
et les hauts plateaux. Le tra?c d’armes est intense.
«Je puis assurer» précise DUMAINE
« que le commerce du Mouzangaie est d’une
activité étonnante et qu’il offre
beaucoup de ressources au nôtre. La ville est
divisée en trois districts que surveillent trois
chef... arabe nommés par la reine Ravahiny. Aucun
sakalava n’ habite avec les arabes. II ne vient
seulement dans la ville que pour vendre ses denrées...
» Comme au temps de DUMAINE, les deux villes resteront
séparées.
La ville arabe se développera du côté
de la Pointe de Sable et formera toujours un bloc de
maisonsforteresses, à l’exemple des villes
de Zanzibar et d’Anjouan. Sous Ravahiny, la défense
de construire en dur fut levée. Quelques maisons
subsistent de cette époque et forment la rue
du « Quartier Général »
Ces riches commerçants arabes tenaient à
garder le monopole du tra?c. Aussi, ils se montraient
forts soupçonneux envers les concurrents européens.
Le capitaine d’un vaisseau de la Compagnie des
Indes et son pilote furent poignardés par un
antalaotra. Les chefs de traite et directeurs de factories
devaient se plier à leurs exigences sous peine
de représailles. |