LES
ANGLAIS
Les premiers contacts des Anglais avec la Grande Ile
furent plutôt désastreux: maladies, meurtres,
attaques, guet-apens, tous les éléments
semblaient se liguer pour leur interdire les côtes.
En 1608, le capitaine ROWLES qui commandait un des navires
de la IVème ?otte, envoyée en Extrême-Orient,
prenait le large, désespérant de : «
trouver à Madagascar un lieu où les habitants
n’eussent pas la terreur et la haine de sa nation
! ». Il y abandonnait six compagnons massacrés
par les indigènes et sept emportés par
la maladie. Mais à Londres on ne partageait pas
son pessimisme et l’on dépêchât
aussitôt le Colonel HUNT chargé de fonder
une colonie à Assada. Le massacre de dix colons
vint appuyer les assertions de ROWLES. Le « Benito»
et le «Lyonness» ne purent pas débarquer
leur renfort. Ils vinrent jeter l’ancre à
Bombetoka avant de cingler vers Anjouan. La mise en
valeur des pays n’entrait pas dans les objectifs
des négriers. Leur commerce prospérait…
En 1664, le « Lion » expédiait 335
esclaves vers les Antilles. Au début du XVIIIème
siècle, quelques 1 200 forbans écumaient
la mer des Indes. Ils surgissaient à l’improviste
du fond des baies et fonçaient sur leurs proies.
Munis de leur riche butin, ils regagnaient leurs repaires
où ils pansaient leurs blessures et vivaient
dans les délices de Capoue.
Les loisirs étaient des mieux organisés
et des plus variés: on jouait la comédie,
organisait des concerts et même des courses de
chevaux... () )
Bombetoka semblait offrir à ces forbans une retraite
sûre et confortable. Certains y venaient pour
ponter leurs navires. Les réparations nécessitaient
parfois un séjour très prolongé.
Les pirates en pro?taient pour préparer de nouvelles
cargaisons « d’ébène ».
Parfois, ils ramenaient de leurs razzias des Imerina
au teint blanc et aux cheveux lisses qui provoquaient
leur étonnement. L’argent achetait la complicité
des chefs locaux qui envoyaient leurs hommes de main
ratisser le pays. Si la Bombetoka servit de repaire
temporaire à des pirates comme HALSEY ou WHITE,
d’autres s’y
installèrent dé?nitivement pour jouir
de leurs rapines. Vers 1700, CORNELIUS et ses compagnons
se sont établis après avoir vendu au roi
du Boeni leur navire, le « Moming Star »
qui ne pouvait plus tenir la mer. En 1702, CORNELIUS
et PRO viennent s’y camou?er trois mois avant
de se relancer vers l’aventure. En 1706, WILLIAMS
s’y réfugie avec dix compagnons mais leur
inconduite est si notoire qu’ils sont expulsés.
En 1716, DRURY passa à Bombetoka et y trouva
ZACHARY, PRO et NICK DOVE: « installés
comme de paisibles bourgeois dans des maisons confortables,
garnies de meubles, notamment de lits à rideaux
et de plats d’étain. C’était
des coffres en bois qui leur servait de chaises ! »
Ils n’avaient pas bourlingué en vain! Comme
des pachas ces forbans s’entouraient d’un
harem et de toute une cour. Leurs arsenaux regorgeaient
d’armes de toutes sortes et, souvent, leurs repaires
étaient ceinturés de canons. Un certain
EDWARD WELSH, après avoir régné
sur Sainte Marie, s’était fait construire
un fort armé de 18 canons. Pendant 9 ans il y
mena la vie d’un potentat oriental. Puis fatigué
de la côte Est, il vint s’établir
à Bomhetoka où il coula bien doucement
le reste de ses jours. Quand OLIVIER LEV ASSEUR, dit«
LA BUSE » et TAYLOR s’emparèrent
d’un grand navire de guerre portugais, la «
Vierge du Cap », dans la rade de Saint Denis,
c’est encore à Bombetoka que nos joyeux
compères vinrent jouir de leurs prises après
les joyeuses ripailles de Sainte Marie. Leur butin était
d’importance: le bateau était armé
de 70 canons et ramenait des Indes le Vice-roi et l’archevêque.
A bord se trouvait 15 à 20 millions de diamants,
ainsi qu’une statue en or de Shiva de près
de 300 kgs.
Le plus célèbre tra?quant d’esclaves
fut sans aucun doute SAMUEL BURGESS. Il travailla de
nombreuses années à Bombetoka pour le
compte des armateurs de Boston et de New-york. HOW ARD
qui vivait du pillage d’un brick hollandais aurait
pu jouir tranquillement de sa retraite mais, insatiable,
il voulut de nouveau courir l’aventure du côté
des Indes. HOWARD et une hindoue.
« s’aimaient d’un amour tendre»
... Il se ?t trucider en bonne et due forme par les
parents de sa dulcinée. Parmi les centaines de
négriers qui sillonnaient les mers du Sud, les
Américains étaient des plus assidus. Leurs
nouvelles colonies réclamaient de la main d’œuvre.
Les Danois, eux, se signalèrent par leur cruauté
qui choquait même les quelques sentiments d’humanité
qui subsistaient dans le cœur des pirates. Femmes,
vieillards, enfants, tout était embarqué.
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