MAJUNGA : 1873
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Une relation, écrite par un of?cier de marine,
nous a laissé des détails très
instructifs sur
Majunga en 1873,
Le 26 février 1873. la corvette de Sa Majesté
Impériale Autrichienne « Helgoland»
jeta l’ancre dans
la rade de Majunga. Sa croisière dans l’océan
Indien avait débuté par une escale de
12 jours à Nosy-Be.
LEOPOLD VON JEDNA, of?cier à bord, consigna dans
un livre toutes ses impressions et les faits les plus
saillants de son périple ( 18),
Majunga à cette époque comprenait deux
parties: le quartier du fort et le quartier commercial
près du
L’of?cier estima à 8 000, la population
de la ville.
« A l ‘ intérieur du fort, protégé
par des palissades, se trouvait la maison du gouverneur,
seul
bâtiment en pierres. I.es autres maisonss étaient
toutes en bois. Quelques vieux canons de marine était
pointés vers le large.
La partie basse de la ville contient quelques belles
contructions dont de riches indiens en sont
les propriétaires. Elle renferme aussi quelques
maison aussi propres que celles des hovas, dans le fort.
La majeure partie de la population (sakalava, arabe,
Cafre) habite dans des cabanes très sales
où, à chaque nouvelle visite, on est dégoûté
par une puanteur révoltante.
Au centre de la ville se trouve un grand bâtiment
en pierre, muni d’une longue véranda. »
C’était le « ranompokolona »
où le chef commentait les arrêtés
royaux transmis par le gouverneur. La
visite de l’Etat-Major au gouverneur nous vaut
la description de la vie du fort.
« Arrivés à terre, on nous conduisit
au corps de garde. Des palanquins primitifs nous y
attendaient avec une escorte d’honneur.
Un of?cier vêtu d’un frac rouge, d’
un tricorne posé de côté et surmonté
d’une touffe de plumes
blanches, nous rendis les honneurs et nous ?t présenter
les armes par ses soldats au nombre de douze,
en surtout de coton blanc et en « kappisl»
bleus.
Ce n’était pas chose facile.
Tout soldat madécasse porte de chaque côté
un poignard. Il est également armé d’un
fusil à
pierre et d ‘un bâton en bois très
dur, Toutes les fois qu’il veut manier son fusil,
il doit commencer par
enfoncer le bâton devant lui dans le sol.
Un autre of?cier en habits civils et avec un chapeau
haut de forme, dirige strictement la manœuvre.
Il donne de l’énergie à son commandement
en imprimant un mouvement à son sabre étincelant.
»
Les réceptions et les fêtes se succédèrent
durant toute l’escale.
Un grand bal termina la visite au fort. Qui, mieux que
nos authentiques viennois, pouvait donner aux
Majungaises une leçon de valse?
« Sur une invitation il montrer notre manière
de danser, nous régalâmes les assistants
d’ une valse dont
la rapidité de mouvements ne leur causa pas peu
d’étonnement.»
Ils exécutèrent ensuite la véritable
danse nationale des hovas , appelée « manianazi
». Les femmes
des militaires admirèrent ces beaux of?ciers,
venant d’un pays inconnu, mais hésitaient
à danser avec eux.
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Plus d’une lady-partner était tombée
étourdie lors d’une danse exécutée
avec des of?ciers anglais.
Durant tout son séjour, VON JEDINA fut piloté
par le directeur des douanes nommé Ambelahery.
Il
parlait correctement le français et dirigeait
la communauté catholique qui comptait, à
cette date, 50 membres.
Elle impressionna fortement l’of?cier lors de
l’enterrement d’un quartier-maître
survenu pendant l’escale.
« Le commerce est entièrement aux mains
des Indiens et des Arabes. Les Hovas ne s’occupent
pas de
ce qui est étranger au métier des armes,
ou, s’ils le font, c’est tout à fait
à contre cœur. »
Les achats que voulut faire l’of?cier lui réservèrent
quelques surprises.
« Majunga offre très peu de ressources
; par contre, les animaux de boucherie y abondent et
les
particuliers et les navires de commerce peuvent se les
procurer à bon compte. Ces derniers paient 11
à 12
francs un bœuf pesant environ 400 kgs de viande
mais les vaisseaux de guerre ne peuvent se les procurer
que
moyennant 50 à 55francs…, »
Les tractations commerciales furent laborieuses: «
On pourrait bien chercher la raison de ce
commerce dif?cile dans la dé?ance que l’on
garde contre tous les actes d’un étranger.
A l’imitation des
Institutions européennes, il s’est formé
à Majunga une armée de fonctionnaires
dont il est dif?cile de se
faire une idée….Seules les pièces
de 5 francs françaises ont cours chez les hovas.
L’or est refusé et on
accepte dif?cilement le thaler de Marie-Thérèse,
bien que les indiens et les arabes le connaissent. Pour
solder les fractions de thaler, il faut avoir recours
à des pièces coupées en morceaux
et l’on se sert
alors d’une petite balance, Quiconque à
Madagascar veut payer avec de l’argent, est toujours
muni d’un
instrument de ce genre. » ( 16)
La relation de VON JEDINA se termine sur les perspectives
d’avenir qu’offre à Majunga la création
de la ligne des paquebots à vapeur entre Le cap
de Bonne-Espérance, Zanzibar, Aden et Majunga.
Le 16 mai 1883, Majunga se réveilla au son du
canon.
L’amiral PIERRE bombardait le Rova. Le règlement
de la succession de JEAN LABORDE et le droit
de propriété foncière faisait rebondir
le con?it franco-imerina.
En 1885, un résident français s’installa
en ville et y créa un bureau postal. Mais la
démonstration
navale ne ?t qu’envenimer les relations entre
les deux pays.
C’est sous le règne de Ranavalona que fut
entrepris, sans doute, la construction du groupe de
forteresses d’Ambohitrombikely, le long de la
Betsiboka. Le gros canon de marine qui est resté
parmi les
ruines porte les armes de la Reine. Les multiples tombeaux
disséminées dans les abords laissent .
supposer qu’une forte garnison y séjourna
bien longtemps. Avec leurs murs d’enceinte et
leurs fossés, les
forteresses forment un ensemble imposant.
C’est là que, le 20 janvier 1885, fut proclamée
la Confédération Sakalava,
« Celle-ci, placée sous la régence
de la Reine Ranavalona III résultait du groupement
des
localités du Boeny, du Milanja et des province
adjacentes, qui ne devait plus former qu’un territoire
politique, sous les ordres du Premier Ministre. Les
membres de la Confédération protestaient
devant Dieu et
toutes les nations civilisées d’Europe
et d’Amérique contre l’occupation
injuste et forcée et plus
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qu ‘ impardonnable des Français dans notre
pays, la terre de nos ancêtres. IIs faisaient
appel à l’Angleterre,
à l’ Italie et à l’Amérique
pour qu ‘elles viennent à leur secours…
La motion était suivie d’une liste de 271
Princes, Princesses et Chefs Sakalava, de la signature
de
10 Merina dont RAMAMBAZ4FY, governor Mojanga. dekan’ny
Prime Minister sy Commander in Chief, du
capitaine DU VERGE , des Etats-l/nis, de CAUVIN et FOIENAY,
sujets Anglais et du Français ANTOINE
FERRAUD .» ( « L’île de Nosy-Be»
par R.DECARY, pages 71-72).
L’existence de la Confédération
est tout à fait théorique. haut |